-on


-on

I.
⇒-ON1, -ONNE, suff.
Suff. à valeur dimin. (particularisante, partitive, de spécification, fréquentative, hypocoristique), entrant dans la constr. de nombreux subst. souvent masc. et de quelques adj. (fém. -on(n)e) désignant des pers., des animaux ou des choses concr.
I.-on, -onne
A. —[Le dér. est un subst. le plus souvent masc.]
1. [La base est un subst. masc. ou fém.; -on a une valeur particularisante]
a) [-on a une valeur dimin.]
[Le dér. désigne le petit ou le mâle d'un animal, un jeune animal ou un petit animal; la base est un nom d'animal] V. ânon, châton1, dindon, lamprillon, moucheron1, oison, ourson, puceron, raton1, etc.
[Plus rarement, le dér. désigne une pers. jeune, avec parfois valeur fam. et/ou péj.] V. clergeon, curaillon, cureton, enfançon (vx ou littér.), négrillon, valeton, etc.
[Plus rarement, le dér. désigne une chose] V. carafon, cordon, cruchon, meulon, peloton, etc.
b) [-on a une valeur partitive; la base est un subst. fém.]
[-on «(petit) morceau de» la matière (substance continue) désignée par la base] V. chiffon, croûton, glaçon, pâton, etc.
[Plus rarement, la base est masc.] V. crépon, flocon (de floc2), lardon.
Rem. À noter le plur. de termes désignant parfois des résidus, v. cretons, croûtons, graisserons/graissillons (rem. s.v. graisse); v. aussi grattons (infra 3 c).
[-on «partie de la matière» (substance discontinue) ou de l'obj. désigné(e) par la base] V. chaînon, cuilleron, échelon, maillon, etc.
c) [-on a une valeur de spécification; la base est un subst. souvent fém.]
[Le dér. désigne une chose ou un organe]
Lang. usuelle. V. blouson, boulon, chausson, jambon, jupon, paillasson, saucisson, veston, etc.
Lang. sc. et techn. V. bourbillon, laiteron, membron, tierceron; arboric., v. cap(e)ron, couton, greffon, etc.
Lang. fam., pop., arg. V. birbe1/birbaillon/birbon, litron, polochon, etc. ; forme arg. -(e)ton, v. frometon (rem. 2 s.v. fromage), gueuleton, paveton, peton (fam.), ripaton, etc.
[Le dér. désigne une pers.; parfois fém. en -onne]
Lang. usuelle. [Pour désigner notamment un métier] V. charreton, charron, marmiton, mitron, piéton; forme -eron, v. bûcheron, tâcheron, vigneron.
Lang. fam., pop., arg. V. daron, troufion; forme -(e)ton, v. bricheton, capiston (rem. s.v. capitaine), cureton, fiston, gradeton (rem. s.v. gradé), griveton/grif(f)(e)ton, micheton (rem. s.v. miché), etc.
d) [-on a une valeur augm. plus ou moins réduite (infra étymol. empr. ital.)] V. ballon, barbon, caisson, carton, médaillon, million, perron, toron, etc.
2. [La base est un adj.; le dér. est un subst. concr. ou un adj. caractérisé par la qualité désignée par la base]
a) [Le dér. est une chose] V. clairon, molleton, sauvageon, vermillon; forme -illon, v. durillon, raidillon, etc.
b) [Le dér. subst. (ou subst. adjectivé) est un être animé] V. grison1, laideron et aussi tendron et louchon.
3. [La base est un verbe; -on marque l'agent, l'instrument ou le résultat de l'action]
a) [Le dér., adj. ou subst., marque l'état, la qualité d'une pers. liée à son activité]
[Les mots constr. sont des subst. d'agent masc. ou des adj. (fém. -onne)] V. aoûteron, brouillon1, espion, forgeron, fripon, maton2, etc.
[Les mots constr. sont des subst. d'agent fém. ou des adj. (fém. -onne)] V. salisson, souillon; grognon (personne de l'un ou l'autre sexe).
Rem. Pour les dér. loc. adv. de manière, v. -on(s).
b) [Le dér., subst. masc., marque l'instrument] V. baîllon, bouchon, guidon, jeton, lorgnon, pilon, torchon, etc.
c) [Le dér. marque le résultat ou l'objet de l'action] V. avorton, brouillon2, coupon, fumeron, juron, pinçon, rejeton, suçon, etc.
B. —[Le dér. est un adj.; le fém. est -onne]
1. [La base est un adj.; le dér., fam., est atténuatif de l'adj. exprimé par la base] V. grison1, louchon, mollasson (dér. s.v. mollasse2), vairon2; forme -ichon, v. drôlichon, faiblichon (rem. s.v. faible), folichon, maigrichon (rem. s.v. maigre), pâlichon, etc.
2. [La base est un verbe; -on a une valeur fréquent.] V. brouillon, grognon, tatillon, etc.
C. —[Le dér. est un nom propre passé en nom commun]
1. [La base est un anthroponyme, en prénom dimin. affectueux] V. benoîton, cendrillon, fanchon, goton, jeanneton.
2. [La base est un toponyme (région, province, pays); le dér. est un ethnique; le fém. est -on(n)e] V. beauceron, berrichon, bourguignon, brabançon, huron, percheron, wallon.
II.Formes élargies et suff. secondaires
A.Formes élargies
1. -(e)çon/-sson. V. arçon, brabançon, écusson, limaçon, poinçon, etc.
2. -(e)ron. V. bûcheron, forgeron, laideron, laiteron (bot., rad. lat. sav.), etc.
3. -(e)ton, fam. pop. ou arg. (très fréq.). V. gueuleton, mecton (dér. s.v. mec), etc.
B.Suff. secondaires dimin., fam., pop., arg. ou péj.
1. -(e)ton (-et + -on), dimin. V. caneton, clocheton et aussi -et E 4.
2. -ichon (-iche + -on), dimin., fam. ou péj. V. berrichon, bonichon, maigrichon, etc. et aussi -iche.
3. -illon (-ille + -on), dimin. V. cottillon, durillon, grapillon (dér. s.v. grappe), oisillon, portillon, raidillon, tatillon, etc.
4. -aillon (-aille + -on), dimin., fam., pop. ou arg., souvent péj. V. avocaillon, duraillon/duraille (rem. s.v. dur), écrivaillon (rem. s.v. écrivailler), fumaillon (rem. s.v. fumer1), moussaillon, noblaillon (rem. s.v. noblesse), plaidaillon (rem. s.v. plaider), poétaillon (dér. s.v. poète) et aussi -aille morphol. B rem.
5.-asson (-asse + -on), dimin. ou péj. V. canasson, écrivasson (rem. s.v. écrivasser), mollasson (dér. s.v. mollasse), paillasson.
6. -uchon (-uche + -on), dimin. dial. V. bal(l)uchon.
Morphol. 1. Var. morphol. combinatoires avec d'autres suff. dimin. a) -eau: baleineau/bale(i)non, bécasse/bécasseau/bécassine/bécasson, girafeau/girafon, lamproyau/lamproyon/lamprillon. b) -ot: lérot/liron, maigriot/maigrelet/maigrichon. c) -(el)et: faibletaiblichon, mec/michet/micheton, oiselet/oisillon. d) -(e)/-ard/-on (fam., pop., arg.): balluche/balluchard/balluchon, barbiche/barbichon, bibard/buvaillon, birbe B 1/birbaillon/birbon, boc/bocard2/boxon, brouillard/brouillon2, caliborgne/caliborgnon, cornard/cornichon, frétillardrétillon (dér. s.v. frétiller), godiche/godichon, lartif/larton (rem. s.v. lard), moma(c)que/momichard/momichon, momignard/momillon (rem. s.v. môme), etc. e) -eur/-ier/-on (noms de pers. et parfois employés comme termes d'injure): barbouilleur/barbouillon, charretier/charreton, écrivailleur/écrivaillon, écrivassier/écrivasseur/écrivasson (rem. s.v. écrivain), etc. f) -asson, -eron, -eton, -ichon, -illon et -aillon (fonctionnent souvent ensemble comme synon.): cureton/curaillon, écrivaillon/écrivasson, gerberon/gerbillon (rem. s.v. gerbe), graisserons/graissillons (rem. s.v. graisse), juvillon/juifaillon (rem. s.v. juif), moineton/moinillon (rem. s.v. moine). 2. À noter la substitution de suff. dans les termes arg.: capiston, frometon (rem. 2 s.v. fromage). 3. Finales homophones ou homographes, v. prononc.
Vitalité et Productivité. -on a été foisonnant en a. fr. et en m. fr., est resté très vivant jusqu'au XVIIIe s., mais semble peu productif en fr. mod.; le suff. -eron est complètement éteint actuellement; -on semble vieillir; la valeur péj. qui s'attache à certaines formations (notamment verbales, p. ex. brouillon) et le développement qu'il a pris dans la lang. pop. (p. ex. fripon, grognon) confirme cette tendance à la disparition; une certaine vitalité a existé dans la lang. arg., notamment l'arg. milit.; -on accolé à des noms de choses désignant un instrument tend à disparaître également (ainsi que les mots formés p. ex. accoinçon, lançon, sanglon, tenaillon). Les valeurs diverses et souvent opposées que le suff. peut prendre, expliquent cet abandon progressif; la dernière création semble être veston 1769 «petite veste»), qui a perdu son sens dimin. en fr. mod.; les créations récentes sont des formations pop. où parfois -on se combine avec un autre suff. (p. ex. au XIXe s.: bourgeoisillon, maigrichon, maneton, modillon, moussaillon, tardillon; au XXe s.: blouson, buveton, cacheton, cureton, juivaillon, paveton).
Prononc. et Orth.:[-], fém. [-]. Au fém. de l'adj., redoublement de la consonne finale du masc.: bon/bonne, poltron/-onne, patron/-onne, etc. Hésitation pour les adj. ethniques: huron/-onne, wallon/-onne mais lapon/-onne ou -one, letton/-onne ou -one, nipon/-onne ou -one (d'apr. GAK 1976, p.272). Étymol. et Hist. 1. - est issu de la finale lat. -onem, acc. de subst. fém. en -o, désignant des êtres vivants, parfois des choses, le plus souvent des pers. individualisées par un trait typique donnant lieu à des sobriquets (p. ex. glutonem «glouton», tabellionem «tabellion»), plus rarement des noms d'animaux (pipionem > pigeon), de choses (carbonem > charbon). 2. En lat. existait déjà un suff. -one (capreus > chevron). 3. La valeur augm. de ces subst. en lat. vulg. se retrouve dans les dér. en -on, -one des lang. rom. (p. ex. empr. ital. salone «grande salle», augm. de salon; esp. doblon «monnaie», augm. de doblo); en fr. la valeur dimin. prévaut, surtout pour des noms d'animaux (ânon) et de choses (caisson), -on prend une valeur péj. pour les noms communs de pers. de sexe fém. (louchon, salisson, souillon) et pour des dér. de verbes (brouillon, fripon, grognon); certains mots fém. sont devenus masc. à cause d'un changement de sens, p.ex. louchon (v. NYROP t.3, §709). 4.La valeur dimin. est vivace en a. fr. et en m. fr.: bastillon (1474), cabanon (av. 1752); certains mots ont disparu. Bbg. BENVENISTE (É.). Une Valeur du dimin. Prace filologiczne. Warszawa. 1963, n°18, pp.9-11. —DARM. 1877, p.72, 113. — DUB. Dér. 1962, p.16, 66, 84, 90, 111. — GAWEL/KO (M.). Évolution des suff. adj. en fr. Wrocl/aw-Warszawa, 1977, pp.69-70. — HASSELROT 1957, p.116, 196; 20e s. 1972, p.68.
II.
⇒-ON2, élém. formant
Élém. entrant dans la constr. de nombreux subst. masc. appartenant aux domaines de la chim. et de la phys. nucl. où ils désignent des corps, et des industr. chim. et pharm. où ils désignent des produits synthétiques, notamment des text. artif.
I. —[-on tiré de la finale de argon; les mots constr. désignent un gaz rare; le 1er élém. est un rad. fr., du métal radioactif en -ium dont émane le gaz] CHIM., PHYS. V. radon, thoron.
Rem. Empr. à l'angl., la base gr. exprime un caractère du gaz, v. argon, krypton, néon, xénon.
II. —[-on tiré de la finale de électron] PHYS. NUCL.
A. —Forme -on, avec infl. de ion. [Les mots constr. désignent une particule élémentaire ou un corps] PHYS. ATOMIQUE, PHYS. NUCL. ET CORPUSCULAIRE.
1. [Le 1er élém. désigne une propriété de la particule]
a) [un subst. ou un adj. fr.] V. graviton, négaton, nucléon, positon.
Rem. Empr. à l'angl. formés sur le gr., v. électron, lepton, neutron, proton.
b) [un élém. formant sav.] V. hypéron (s.v. hyper-), méson, photon, tachyon.
2. [Le 1er élém. est un rad. de subst. fr. désignant l'élément radioactif en -ium dont émane la particule] V. deut(ér)on, triton3.
Forme en -ion. V. hélion, pion2.
Rem. Empr. à l'angl. formés sur le gr., v. anion, cation; à l'amér., v. audion.
B. —Forme -tron. [Les mots constr. désignent un appareil utilisateur d'électrons, un tube à vide, souvent en marque déposée; le 1er élém., arbitraire, est gr. ou fr., un élém. formant ou non] PHYS., PHYS. NUCL., ÉLECTR., ÉLECTRON. V. cistron, cyclotron, kénotron, klystron, magnétron, synchrotron, thyratron.
Rem. Les mots récents semblent formés plutôt sur la finale de cyclotron, les 2 formes -on/-tron coexistent parfois, v. positon/postron.
III. —[-(l)on tiré de la finale de nylon; les mots constr. désignent un text. synthétique, une matière plastique, un produit industr., souvent en marque déposée; le 1er élém. est fr. ou étrang.] INDUSTR. CHIM. V. dacron, fréon, orlon, perlon, tarton, téflon et aussi:
banlon, subst. masc. ,,Fibre synthétique élastique`` (Pt ROB. 1977).
dralon, subst. masc. ,,Fibre synthétique de fabrication allemande`` (Lexis 1975).
Rem. Il existe par exception une forme fém., v. rayonne.
IV. —Élém. pseudo-sc. V. photomaton.
Formation et Vitalité. 1. ,,De leur origine substantivale, ils [-ode et -on] gardent un statut à mi-chemin entre la dérivation suffixale et la composition, si bien que les formations créées ne dérivent pas toujours d'un nom de base selon la relation nom M nom`` (Lar. Lang. fr.). 2. L'élém. -on est très vivant dans les domaines sc. et sert à former de nouveaux termes, tous subst. masc., princ. en phys. atomique, en chim. et dans les technol. appliquées de ces disciplines. a) L'élém. -on s'ajoute à des rad. gr. (e.. dynatron); à des bases fr. (ex. capacitron); à des bases lat. (ex. ignitron); à des noms propres de savants (ex. zwitterion). -tron sert à former des néol. p. plaisant.: ,,De tous les suffixes, mon ami, le meilleur c'est tron. (...) ce petit gars de Lannemezan qui a inventé une sorte de batteur à mayonnaise géant pour fabriquer des orages. Vous savez comment il l'appelle? .... Un météotron, mon ami. C'est du génie. (...) Et souvenez-vous: tron, tron... c'est le secret de la réussite`` (R. ESCARPIT, Le Littératron, Paris, Flammarion, 1965, p.31). b) Les mots constr. peuvent être issus d'une troncation (ex. halon de halogène 1956). c) Les mots constr. peuvent être des créations arbitraires (ex. nylon de vynil + -on). 3. L'élém. -on a pénétré dans la lang. usuelle, notamment dans le vocab. de la publicité comm. avec des créations éphémères (ex. aspiron-balai), utilisé pour l'efficacité de sa consonance sav. Il reste très productif notamment en biochim. (ex. interféron, 1963 empr. à l'angl.).
Prononc.:[-]. Étymol. et Hist. 1. -on, -tron existent en minér. dès le XVIIIe s., correspondant à la graph. -one dans les lang. qui ne connaissent pas ou qui connaissent peu la nasalisation (ex. gr. acanthicon, natron, glageon); v. les var. argentan/argenton, jaseran/jaseron. 2. En phys., plusieurs modes de formation ont convergé: en 1873, les physiciens empruntent à l'angl. le terme ion formé par Faraday sur le gr.; en 1891, Stoney crée le terme électron sur le gr. 3. En chim., un gaz rare est appelé argon sur le gr. en 1894; les termes empr. à l'angl. ont été calqués sur le gr. 4. Les trois élém. (-tron de électron, -on de ion, -on de argon) ont parfois été confondus, en raison de l'étroite dépendance entre la phys. et la chim. à la fin du XIXe s. et au début du XXe s.; parallèlement un élém. -on continue d'exister en minér. (d'apr. DUB. Dér. 1962, pp.66-67). 5. En biol. -on fonctionne dans qq. termes, v. jordanon, linnéon, néphron, virion. Bbg. DUB. Dér. 1962, p.7, 77, 95.
III.
⇒-ON(S), (-ON, -ONS), suff.
Suff. entrant dans la constr. d'un petit nombre de loc. adv. qui traduisent une position particulière du corps, un mouvement.
A. —[La base est un subst.] V. (à) boucheton, (à) califourchon (A), (à) croupetons.
B. —[La base est un verbe] V. (à) reculons, (à) tâtons.
Prononc. et Orth.:[-]. Anc. lang. -on ou -ons pour toutes les loc. v. boucheton, califourchon, croupetons. Selon NYROP t.3 1936 §602 et MEYER-L. t.2 1966 § 182: on(s) = suff. nom. au sing. ou au plur.: à tâton = à la manière d'un tâton; à tâtons = à la manière des tâtons. À partir du XVIIe s. plutôt -ons dans les loc. comportant l'idée d'une réitération: à reculons, à tâtons (v. LITTRÉ, s.v. reculons); plutôt -on dans celles exprimant un état: FUR. 1690, Ac. dep. 1694: à califourchon. Hésitation pour à croupetons: LITTRÉ -on mais aujourd'hui -ons.

-on
Suffixe utilisé :
a En physique, pour former les noms de gaz rares (ex. : crypton, néon).
b En physique atomique pour former les noms de particules élémentaires (ex. : électron, hélion, neutron).

Encyclopédie Universelle. 2012.


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